Coronavirus : maltraitances par temps de confinement : L’expérience de la Fédération 3977

Coronavirus : Le 3977 poursuit ses activités d’écoute pendant le confinement

Depuis le 18 mars, la Fédération 3977 de lutte contre les maltraitances faites aux adultes vulnérables maintient sa veille quotidienne et reçoit des appels venant des victimes, des proches ou des professionnels sur des suspicions de maltraitance.

50 appels par jour

Sur ces 10 jours ouvrés, 501 appels ont été reçus à la plateforme 3977 auxquels il faut ajouter les appels directs reçus par les 52 centres départementaux et interdépartementaux de la Fédération. Ces appels ont donné lieu à l’ouverture de 190 nouveaux dossiers (soit presque 20 par jour) correspondant à des situations plus ou moins documentées, qui donnent lieu à écoute et accompagnement (1080 pour l’ensemble de la Fédération sur cette période, soit plus de 100 par jour) à la recherche d’une résolution, en mobilisant les acteurs professionnels et institutionnels compétents, ce qui est rendu plus délicat du fait du confinement.

Les maltraitances à domicile restent les plus fréquentes

Sur un plan plus qualitatif, ce sont les appels (et les dossiers) de maltraitances à domicile en particulier pour des personnes très âgées ou en situation de handicap) qui restent les plus fréquents, en valeur absolue, comme en temps ordinaire. Le constat est que le confinement domestique d’un groupe familial plus ou moins nombreux tend à accroitre les tensions et se traduit dans les situations qui remontent par des gestes ou des paroles blessantes. Dans ce même cadre familial, les besoins élémentaires des personnes vulnérables sont moins bien satisfaits (négligences).

Visites en établissement : une réflexion éthique s’impose

Toutefois, depuis la mise en place du confinement, de nombreux appels parviennent de la part de familles qui n’ont plus la possibilité de rendre visite à leurs proches résidents dans les établissements médicosociaux. La protection de la santé de ces personnes très vulnérables est bien perçue, mais la réflexion éthique indispensable, au cas par cas, n’est pas toujours mobilisée (cas d’une famille interdite de visite d’un proche en toute fin de vie).

Les mesures de confinement révèlent une situation initialement tendue

Ce contexte s’est trouvé aggravé depuis le début de cette semaine par les premières mesures de confinement individuel (en chambre) dans les Ehpad : la vie sociale ordinaire déjà très pauvre des résidents est comme « asséchée » par la rareté des passages de professionnels, dans les établissements où ils sont peu nombreux, par l’interruption de certains soins (notamment de rééducation) et par l’absence ou la grande précarité des animations proposées. Des constats similaires peuvent être établis dans les établissements qui accueillent des personnes en situation de handicap. On souhaiterait une meilleure prise en compte individuelle du bénéfice et des risques respectifs du confinement et du maintien d’un lien social significatif chez ces résidents. Il ne faut pas voir là un quelconque abandon de la part des professionnels de ces établissements, dont le dévouement est avéré, mais plutôt un révélateur de situations ordinaires déjà tendues qui se trouvent déstabilisées par les mesures de confinement, dont la pertinence générale doit être adaptée à chaque situation.

Le 3977 est mobilisé pour lutter contre la maltraitance

Pour ce qui la concerne, la Fédération 3977, sa plateforme et ses centres, restent mobilisés pour recevoir ces appels pour maltraitance, et rechercher avec les victimes et leurs proches, et avec les professionnels concernés l’arrêt de ces situations accrues par le confinement. Si celui-ci est nécessaire pour ralentir la diffusion du virus, des efforts exceptionnels doivent être consentis dans ces circonstances exceptionnelles pour prévenir et lutter contre les situations de maltraitance.

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