Définition de la maltraitance

Une personne handicapée sourit d'un air confiant. Elle échange une poignée de main avec un personnage qui a l'air d'avoir de mauvaises intentions.

La maltraitance est une situation vécue

« Comment a-t-il pu m’abandonner alors qu’il était censé prendre soin de moi ?
Qu’ai-je fait pour qu’il me demande tout le temps de l’argent, je n’ai qu’une petite retraite ?
Pourquoi crie-t-il après moi sans raison ? »

Voilà ce qu’entendent les écoutants d’Alma Paris.
Le proche, le membre de ma famille, l’aide en qui j’avais confiance m’ont trahi.
Je ne comprends pas cette situation, j’en souffre, je voudrais me révolter, mais c’est trop difficile.
Alors je me résigne.

La société préfère ignorer la maltraitance

Une vie sans violence est un droit à tout âge et quel que soit son état de santé.

Mais la maltraitance ne se dit pas, car elle exposerait à des étrangers une situation du domaine privé. Elle suscite de la honte, de la culpabilité.
Peut-on se mêler de la vie de son voisin que l’on estime maltraité ?
Peut-on dénoncer une aide soignante que l’on juge brutale sans faire courir un risque supplémentaire à la personne vulnérable ?
Puis-je me plaindre de mon fils, adulte violent qui habite chez moi ? C’est avant tout mon enfant.
L’an dernier les chiffres de l’OMS indiquaient qu’une personne âgée sur six était victime de maltraitance.

Définition de la maltraitance par le Conseil de l’Europe

En 1987 le Conseil de l’Europe a élaboré une première définition de la maltraitance  :

« Une violence se caractérisant par « tout acte ou omission commis par une personne, s’il porte atteinte à la vie, à l’intégrité corporelle ou psychique ou à la liberté d’une autre personne ou compromet gravement le développement de sa personnalité et / ou nuit à sa sécurité financière. »

Classification du Conseil de l’Europe

Le Conseil de l’Europe a complété la définition de 1987 par une classification des actes de maltraitance.

Violences physiques 

Par exemple :

  • Coups, brûlures, ligotages
  • Soins brusques sans information ou préparation
  • Non satisfaction des demandes pour des besoins physiologiques
  • Violences sexuelles
  • Meurtres (dont euthanasie).

Violences psychiques ou morales

Par exemple :

  • Langage irrespectueux ou dévalorisant
  • Absence de considération
  • Chantage, menace, abus d’autorité, intimidation
  • Comportement d’infantilisation
  • Non respect de l’intimité
  • Injonctions paradoxales…

Violences matérielles ou financières 

Par exemple :

  • Vols, exigence de pourboires, escroqueries diverses
  • Locaux inadaptés…

Violences médicales ou médicamenteuses 

Par exemple  :

  • Défaut de soins de base
  • Non information sur les traitements ou les soins
  • Abus de traitements sédatifs ou neuroleptiques
  • Défaut de soins de rééducation,
  • Non prise en compte de la douleur…

Négligences actives 

  • Toute forme de délaissement, d’abandon, de manquements pratiqués avec la conscience de nuire

Négligences passives 

  • Négligences relevant de l’ignorance, de l’inattention de l’entourage.

Privations ou violations de droit 

Par exemple :

  • Limitation de la liberté de la personne
  • Privation de l’exercice des droits civiques, d’une pratique religieuse…

Alma Paris s’appuie sur la définition du Conseil de l’Europe

En France la prise de conscience de la réalité de la maltraitance par les pouvoirs publics a eu lieu tardivement à la fin des années 80. Le Professeur Hugonot a présidé la commission qui a travaillé sur la définition des maltraitances et des négligences des personnes âgées au sein du Conseil de l’Europe. Il est également le créateur du réseau Alma.

Pour remplir ses missions,Alma Paris s’appuie sur les textes du Conseil de l’Europe.

La définition du Conseil de l »Europe sert également de référence au Ministère de la Santé et des Solidarités.

Aujourd’hui Alma Paris continue de multiplier ses actions car la maltraitance est un problème de santé publique et reste un problème de société majeur.

A cette fin des professionnels bénévoles, issus des professions sociales, des professions de soins, des juristes débattent de chaque dossier avec humanité et bienveillance pour y apporter la meilleure solution possible toujours en accord avec la victime, et pour alerter les structures capables de leur venir en aide.

Ainsi Alma Paris répond à chaque dossier de maltraitance porté à sa connaissance et peut aussi réaliser une étude des dossiers qui lui parviennent et alerter les pouvoirs publics sur certains types de maltraitances.

Aller plus loin que le Conseil de l’Europe

Les situations portées à notre connaissance nous amènent à réfléchir sur les situations qui créent de la souffrance, qui portent atteinte aux droits et à la dignité des personnes, qui expriment un manque de respect.

Des actes anodins et des omissions

Il s’agit souvent d’actes qui semblent anodins, d’omissions dont la répétition porte atteinte à la personne qui va se plaindre d’être isolée :

  • L’usage d’un mot jugé grossier hier, devenu banal aujourd’hui
  • Le temps compté, alors que la personne âgée ou handicapée ne mesure plus son temps ou vit dans un autre temps.

Toute agression génère une souffrance psychologique

Mais il s’agit aussi d’actes plus graves : propos dévalorisants, infantilisation, intimidation, voire chantage.

Les maltraitances sont fréquemment imbriquées. Toute agression génère une souffrance psychologique.

Prenons l’exemple des maltraitances financières.  Elles commencent par des pressions psychologiques, puis des demandes d’argent en échange de services. De là on glisse insensiblement vers du chantage à l’abandon , voire des violences physiques.

Plus l’alerte est donnée tôt, plus la mise en place de mesures pour faire cesser la situation est efficace.

Des négligences peuvent-elles être passives ?

Enfin nous remettons en question les négligences passives.  En effet, faire ou ne pas faire sont des actes résultants de choix même si ceux-ci semblent contraints.

Ces négligences peuvent résulter :

  • Du manque de connaissances ou de formation
  • Du manque d’écoute des souhaits des personnes
  • D’une organisation du travail qui ne laisse pas de temps au dialogue entre personnes