Les questions à se poser

Maltraitance ou souffrance ?

Que penser de la plainte formulée par une personne ?

Souffrir, c’est le fait d’être insatisfait sur le plan physique, personnel ou social. Dans la souffrance, il n’y a pas d’agresseur, ni de situation extérieure maltraitante.  Mais la souffrance est souvent vécue et présentée comme une maltraitance par la personne qui souffre.

Être maltraité est le fait d’un agresseur.

Des limites difficiles à cerner

La difficulté est de cerner les limites de la maltraitance dans une pratique professionnelle quotidienne.  Surtout lorsque l’on fait un constat qui pose problème, on doit  se poser quelques questions :
Par exemple :

  • Doit-on protéger une personne vulnérable contre sa volonté  ?
  • Comment mener nos actions sans avoir à arbitrer de façon permanente entre la liberté et la sécurité des personnes accompagnées  ?
  • Comment concilier les mandats de protection et le respect des habitudes de la personne, de ses liens sociaux et affectifs  ?

Un phénomène sous-évalué

Le silence des victimes

La maltraitance est un  phénomène sous-évalué du fait du silence des victimes vulnérables. Celles-ci craignent des représailles ou l’abandon.

Souvent elle se taisent par sentiment de honte et de culpabilité.

Un entourage qui ne veut pas voir la situation

Souvent l’entourage choisit le déni ou minimise la situation. Cela a pour effet d’occulter certains situations.

Des actes en apparence sans importance

La maltraitance peut être très difficile à déceler car il s’agit fréquemment d’actes répétés, en apparence anodins. Des actes sur lesquels on ne se pose pas de questions.

Ce sont par exemple :

  • Des paroles qui dévalorisent la personne
  • Des actes qui l’isolent peu à peu.

Porter un regard pluridisciplinaire

Chaque situation est unique, une évaluation globale est nécessaire

Chaque situation est unique, et touche à la vie privée de la personne, à ses émotions, à ses relations avec ses proches. En outre les maltraitances sont multifactorielles, et multiformes, souvent imbriquées. C’est pourquoi le professionnel doit avant tout faire preuve de prudence et de vigilance quand il suspecte une situation de maltraitance. Il doit garder à l’esprit que toute situation exige une évaluation globale, ou le recours à une autorité compétente pour évaluer la situation.

Une approche approfondie pour une réponse respectueuse de la personne

Les professionnels qui souhaitent évaluer une situation de maltraitance ne doivent pas s’isoler.
Car seule une compréhension pluridisciplinaire de la situation permet une approche approfondie, aussi objective que possible des réponses à apporter pour que la personne puisse se protéger ou trouver un abri dans des conditions satisfaisantes. Ces conditions indispensables à une réponse de qualité sont l’obligation d’information de la personne et / ou de ses représentants, ainsi que le respect des choix exprimés par la personne – faute de quoi une maltraitance risque de laisser la place à une autre forme de maltraitance.

Avoir recours aux ressources disponibles

Les professionnels ont le devoir de s’inquiéter d’une situation qui leur paraît suspecte et de la signaler si elle est avérée.

Ils auront donc recours aux personnes compétentes :

  • Personnes ressources disponibles dans leur établissement
  • Autorités compétentes
  • Instances mises en place par les pouvoirs publics.

Parmi ces instances, le 3977 accompagne les professionnels à la prise de décision.

Rester vigilant

La formation et l’information des professionnels est une nécessité. Ils doivent  en effet apprendre le questionnement de leurs pratiques. Seule une distance critique permet d’acquérir la vigilance nécessaire pour prévenir la maltraitance et pour devenir mieux-traitant.